Pourquoi ne faut-il (surtout) pas dire «lapin» sur un bateau semi-rigide ? Prononcer ce mot à bord d’un navire peut être lourd de conséquences… Connaissez-vous la raison de cette superstition?
Ne vous avisez pas de prononcer son nom. Vous pourriez bien finir par-dessus bord. Le bateau est l’antre d’une constellation de superstitions. Gare à celui qui les ignore! Le mot «lapin» par exemple, est absolument proscrit. D’où vient cette superstition?
À première vue, un lapin n’a rien à faire sur un bateau. À moins qu’il ne s’agisse d’un lapin des mers, mais il est peu probable qu’un tel animal existe…
Alors, pourquoi un tel opprobre?
Autrefois, lors des longues traversées en mer, «on apportait à bord des animaux comestibles afin de s’alimenter pendant ces longs mois de navigation», souligne l’auteur.
C’est ainsi qu’on enfermait les lapins dans cages en osier, pour éviter qu’ils ne s’échappent. Hélas, il ne fallait pas longtemps avant que leurs longues dents aiguisées rongent avidement les cages, et qu’ils retrouvent leur liberté… sur le pont.
Cette subite poudre d’escampette n\’était pas pour leur déplaire. Le nez au vent, ils grignotaient tout sur leur passage, «en particulier les cordages et la coque du bateau».
Ils causèrent ainsi de nombreux naufrages, interdisant depuis l’évocation du mot «lapin» à bord, source de malédiction.
Mais comment faire lorsqu’il est nécessaire de le dire? Le lapin n’est pas un lièvre et il n’existe pas tant de synonymes au nom… Que les apprentis marins se rassurent!
Deux métaphores sont admises pour ne point subir le courroux de l’équipage: «animal à grandes oreilles» et «langoustine des prés». À bon entendeur…
Autrefois, les cargaisons des bateaux étaient saisies avec des cordages en chanvre. Des lapins qui par accident s\’étaient échappés de leur cage pouvaient donc les ronger, provoquant ainsi indirectement le naufrage du bateau par déplacement de la cargaison dans les cales provoquant une déstabilisation et la gîte. De plus, sur les bateaux en bois, le calfatage des planches de bordé se faisait avec de l\’étoupe de chanvre que là aussi l\’animal pouvait ronger amenant des voies d\’eaux fatales au navire1.
Depuis, les lapins vivants sont bannis de tout voyage maritime. Le terme « lapin » est même, pour certains marins, interdit sur leurs navires. On parle à demi-mot de « pollop », de « l\’animal aux longues oreilles », de « cousin du lièvre », de « zébro », de « coureur cycliste », voire de la « langoustine des prés ».